Grand oublié de la mythologie, Diomède n’en est pas moins l’unique guerrier à qui Homère accorde l’honneur d’un chant complet dans l’Iliade. Mais une fois Troie rasée, alors que son comparse Ulysse doit errer dix ans avant de retrouver Ithaque, que devient Diomède ? Contraint à l’exil en Italie, où il fondera une série de cités (Brindisi, Luceria…), il devient un des précurseurs de la Grande Grèce, chanté par Virgile dans son Énéide.
Dans une biographie où entre une bonne part de mythe, Jil Silberstein décide de placer ses pas dans ceux de son héros, en Grèce, en Turquie et dans les Pouilles. Chemin faisant, au fil des rencontres, il ne se contente pas de faire revivre un épisode de la civilisation mycénienne : c’est l’aventure même de la Grèce qu’il ressuscite, depuis le XIIe siècle avant notre ère jusqu’à un aujourd’hui marqué par le désastre économique et les camps de réfugiés. Ainsi s’étoffe un chant de gratitude à cette Grèce qui, dans sa jeunesse, avec l’irruption d’Œdipe roi, a transfiguré la vie de Silberstein.













